Monique Orsini


… Un langage sur le souffle vital et la dynamique des signes

Monique Orsini pratique une peinture informelle, sans avoir rompu avec le réel dont elle connaît les richesses secrètes qui nourrissent la peinture française d’Hartung à Débré en passant par Bazaine. L’abstraction lyrique y a puisé ses sources et a été fécondée par la conscience de l’espace, dont l’expérience fait de l’exercice quotidien de la peinture, une manière d’être au monde.

Dans son engagement entre une grande part de perception sensible laissée à l’émerveillement, qui a valeur d’inspiration. L’œuvre s’impose à l’artiste dans une double attente d’accomplissement et de dépassement. Le geste est alors convoqué comme l’unique interprète d’un processus complexe où une nécessité intérieure et extérieure s’accorde.

Ample et rayonnant, au plus près du corps, il retrouve le dessin d’un élan similaire à celui du vent, de l’eau, des nuages, il en épouse les flexions sûres et imprévues, toujours vraies, en tissant des correspondances, non pas figuratives, mais allusives pour des retrouvailles originelles avec le rythme, les poussées intérieures, les lignes de force qui écrivent l’univers.

Depuis ses débuts, l’œuvre de Monique Orsini se veut en osmose avec les lois qui régissent la nature. Son approche, d’autant plus souveraine que sa maîtrise des difficultés inhérentes à l’apprivoisement spatial de la toile est constante, la situe dans l’apprentissage intériorisé de l’abstraction. L’exercice est périlleux qui consiste à ne jamais appauvrir un langage qui mise en priorité sur le souffle vital et la dynamique des signes. Un panthéisme fervent, régénéré par l’émotion suscitée par un paysage, une vision, au sens quasi mystique du terme, qui s’approprie un monde où puisse s’immerger le peintre, avant de nous l’offrir en partage.